Connaissez-vous la bibliomanie ?

bibliomanie

Il est bon d’être un amoureux des livres, c’est une voie excellente pour s’instruire et se cultiver. Il est cependant des passions excessives pour le livre qui dévient en pathologie poussant à acquérir de manière boulimique des livres ; cette pathologie a un nom : la bibliomanie. La bibliomanie est une pathologie mentale appartenant à la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ; elle se manifeste par un besoin irrépressible d’acheter et de collectionner des livres au-delà de toute mesure. Elle ne doit pas être confondue avec la bibliophilie dans la mesure où le bibliophile aime les livres sans tomber dans l’excès. La particularité de la bibliomanie est que la personne qui en est atteinte achète de manière compulsive des livres même si elle n’en a pas besoin. Du moment qu’elle trouve les moyens d’assouvir son désir  de posséder des livres, elle ne se prive pas de les accumuler même s’ils ne lui sont d’aucune utilité. Il peut être par exemple amené  à acheter des versions rééditées d’un livre qu’il possède déjà voire d’autres exemplaires d’un livre déjà détenu. Cette pathologie peut être source d’inconfort pour la personne qui en souffre compte tenu de l’amas de bouquins juchés sur ses armoires de rangement qui peuvent ne plus être assez spacieux pour les contenir. La bibliomanie se distingue d’autres troubles mentaux ayant trait aux livres tels que la bibliophagie (besoin de manger des livres) ou la biblio-kleptomanie (le vol pathologique de livres) comme ce fut cas pour Alois Pichler, le bibliothécaire de la Bibliothèque Publique Impériale de Saint Petersbourg, en 1869. Il va détourner, durant son mandat, plus de 4500 ouvrages qu’il ne lira sans doute même pas.

Les symptômes de la bibliomanie

La bibliomanie se caractérise par plusieurs symptômes. On peut noter en premier l’accumulation compulsive de livres et l’envie irrépressible d’acheter et de détenir des livres. Il peut s’agir également de la collection de plusieurs exemplaires du même bouquin. La quantité de livres accumulés peut atteindre des chiffres anormalement élevés. On remarque également le sentiment de jouissance que procure cette accumulation de livres. On peut relever enfin l’incidence du fait de collecter les livres sur le confort de la maison du malade et la quasi-impossibilité pour celui-ci de se défaire de ses livres.

Les causes de bibliomanie

L’attitude du bibliomane pourrait être lié à une réaction cérébrale de défense consécutive à un traumatisme ou un abus dont aurait pu être victime la personne. Le besoin compulsif de détenir des livres pourrait ainsi être un moyen de dissimuler cette détresse qui prend racine dans le passé du malade ; un mal-être qu’il ne parvient pas à vaincre de manière normale sans tomber dans des troubles compulsifs.

Pour solutionner ses difficultés psychiques, le bibliomane acquiert de manière effrénée des livres comme si cette accumulation pouvait lui permettre de conjurer l’angoisse dont il souffre. Cette maladie peut également relever d’un problème de cognition caractérisé par la manifestation d’un besoin obsessionnel de posséder. Pour étancher cette soif de posséder, le bibliomane va acheter à l’excès des livres.

Le traitement de la bibliomanie

Les actions thérapeutiques qui sont menées à l’endroit d’un bibliomane relèvent généralement de la pharmacologie et de la psychothérapie. Les médicaments  qui peuvent être prescrits pour le malade permettent de calmer les symptômes de la maladie mais non point jusqu’à la rémission totale du patient. La famille des médicaments destinés aux malades atteints de bibliomanie renvoie généralement à des antidépresseurs et à une catégorie d’inhibiteurs. C’est une thérapie particulière qui doit être bien encadrée par un médecin généraliste ou un psychiatre.

Pour ce qui est de psychothérapie, on peut s’orienter vers une thérapie permettant d’améliorer la cognition ainsi que le comportement. Le but sera de conduire le bibliomane à contenir ses pulsions d’achat et à modifier son attitude. On peut envisager enfin la thérapie familiale.